lundi 16 avril 2012

« Les plates-formes d’expérience en 3D annoncent la prochaine révolution numérique »

A lire sur:  http://www.itrnews.com/articles/131287/plates-formes-experience-3d-annoncent-prochaine-revolution-numerique.html?key=862d53eea2c1d2fe

Accès au contenu du web, coût du travail en France, difficultés rencontrées par les start-up, aide des pouvoirs publics au développement d'une industrie IT nationale... Bernard Charlès, Directeur Général de Dassault Systèmes, livre son point de vue. Il fait, par la même occasion, le point sur l'activité du premier éditeur français de logiciels, l'impact de la crise économique, son préalable sur le Cloud Souverain...

Pour retrouver l'intégralité de cette interview d'Isabelle Bellin et Loic Rivière publiée dans les Cahiers du Numérique, cliquez ici : Les plates-formes d'expérience en 3D annoncent la prochaine révolution numérique.



Voici quelques extraits de cette interview :

Que pensez-vous du débat actuel sur l’accès aux contenus du Web ?

L’intérêt du Web est sa formidable structure ouverte, qui permet d’imaginer, de créer des services de nouvelle génération. il faut être prudent dans ce domaine sur les lois, souvent obsolètes en quelques mois. il faut plutôt miser sur la qualité des services, comme apple l’a fait pour l’achat et l’échange de musique, sur l’innovation et sur de vraies valeurs, comme la sécurité des paiements, la confiance. Si ces problématiques sont bien posées en matière de propriété intellectuelle, avec des conventions entre pays et entre opérateurs de services, le consommateur adhérera.

Quel est votre point de vue sur le coût du travail en France, un des sujets du débat de l’élection présidentielle ?
Le crédit d’impôt recherche en France est une initiative stratégique et capitale. elle est efficace et doit être reconduite. Même pour des grandes entreprises comme la nôtre, dont 50 % des effectifs r&D sont situés en France, c’est indispensable. Sans cela, la question de la localisation de nos futurs centres de r&D pourrait se poser. Selon moi, le problème vient surtout de la complexité du droit du travail français, en particulier pour les entreprises de plus de 50 salariés, du manque de fluidité de l’emploi en France, de l’insuffisance de la formation qui n’offre pas tous les niveaux de compétence.

Qu’est-ce qui fait défaut en France au développement de l’industrie IT et en quoi les pouvoirs publics peuvent-ils aider ?
Beaucoup d’initiatives liées au financement existent, doivent être encouragées et simplifiées comme oseo, les pôles de compétitivité ou les initiatives régionales. au-delà, le plus important, c’est l’animation, comme le fait l’afdel : partager bonnes pratiques, idées, coaching, favoriser l’échange d’expériences entre secteurs économiques et faire confiance aux pme.

Nos pépites nationales du logiciel passent régulièrement sous bannière étrangère. Les grands acteurs industriels français ne devraient-ils pas davantage s’intéresser au logiciel ?
On peut difficilement lutter contre cela. la difficulté pour ces start-up apparaît au-delà d’un chiffre d’affaires de quelques dizaines de millions d’euros. il faudrait alors les aider à grandir, à se développer, notamment en se consolidant, en renforçant leur portefeuille d’actionnaires pour passer à un autre stade de croissance. c’est avant tout un problème de culture, de politique d’entreprise et de réflexion à moyen et long terme.

Pour expliquer ces cessions successives, on évoque également la « sociologie » de l’entrepreneur IT français qui serait davantage motivé par la retraite à 40 ans… que par une réussite industrielle de dimension mondiale. Qu’en pensez-vous ? N’at-on pas l’esprit de conquête en France ?
Nos start-up ont un formidable potentiel technologique. mais elles pèchent sur le marketing. le problème est d’ailleurs le même à l’échelle des plus grandes entreprises : ce sont de merveilleuses directions techniques et de r&D qui ont juste oublié de mener une politique de marketing, de communication, de vente. il faut développer ces connaissances et ces compétences. c’est aussi le rôle du conseil d’administration. aux états-unis, les membres des conseils d’administration assurent bien mieux cette complémentarité d’approche tant technique que marketing. pour les start-up, elles font un véritable coaching, très actif.

Comment voyez-vous Dassault Systèmes dans dix ans ?
Nous en avons une vision très précise. Dans dix ans, nous avons l’ambition que la marque Dassault Systèmes soit associée aux « plate-formes d’expérience en 3D », au même titre que Google ou yahoo font penser aujourd’hui à des moteurs de recherche, ou encore Facebook ou linkedin, à des réseaux sociaux. même si la dénomination est encore inconnue du grand public, comme l’étaient les moteurs de recherche ou les réseaux sociaux il y a seulement quelques années. ces plateformes annoncent la prochaine révolution numérique, celle de la virtualisation en 3D des scènes de la vie de tous les jours.
Pour quoi faire ? Voir un produit sur son écran comme si on le prenait en main, visiter un appartement, l’aménager, comprendre le déroulement d’une intervention chirurgicale, essayer virtuellement un vêtement. certains de nos clients testent déjà l’impact de produits de grande consommation en étudiant le comportement des consommateurs dans les foyers face à des produits virtuels. Des marques de grande distribution comme carrefour aménagent leurs linéaires avec ces outils.

Source : Les Cahiers du Numérique

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